Ou faites-le résumer par
Vous avez affiché complet. Les photos sont bonnes, la salle était pleine, et le compte de la soirée ressemble à celui d'un mardi. Ce n'est pas un accident, et ça se diagnostique en trois temps : ce que les gens ont consommé, ce que ça vous laisse, et ce que la soirée a coûté à produire.
Trois cas de figure, calculés et non relevés, sur une base de 6 euros de ticket moyen par consommation. Refaites-les avec le vôtre, c'est le seul chiffre à changer.
| Cas de figure | Entrées | Consos par tête | Recette bar |
|---|---|---|---|
| Complet, entrée libre | 100 | 1,2 | 720 euros |
| Aux deux tiers, entrée à 8 euros | 62 | 3,1 | 1 153 euros de bar, 496 de billets |
| Complet, billet à 12 euros dont un verre | 95 | 2,4 | 1 368 euros de bar, 1 140 de billets |
La première ligne fait les belles photos. Rien d'autre. Les deux autres paient le loyer, et ce n'est pas la même qui gagne selon ce qu'on regarde : la deuxième fait la meilleure recette par tête, la troisième fait le meilleur total. Ce qui les sépare n'est pas la qualité de la soirée. C'est le nombre de retours au comptoir, et ce que vous avez encaissé à la porte.
Le taux de remplissage est un indicateur de salle. Il ne dit rien de ce que les gens ont bu. Strictement rien.
Le chiffre qui se compare d'une soirée à l'autre, c'est la recette totale divisée par les entrées réellement scannées. Attention au raccourci : une meilleure recette par tête ne fait pas forcément une meilleure soirée. Dans le tableau, la deuxième ligne est à 26,60 euros par tête et la troisième à 26,40, à un centime près la même chose, alors que la troisième encaisse 630 euros de plus. La recette par tête sert à comparer des FORMATS, pas à choisir une soirée.
Pour que ce chiffre existe, encore faut-il compter les présents à la porte et pas les inscrits sur une liste.

Passé un certain remplissage, l'attente au bar devient dissuasive. Quelqu'un qui patiente huit minutes pour son premier verre ne retourne pas en chercher un deuxième. Il reste, il occupe une place, il ne consomme plus.
Une soirée peut donc être trop pleine. Ça surprend, et ça se mesure. La jauge n'est pas seulement une question de sécurité, c'est un réglage de revenu, et le protocole de jauge et de file d'entrée se règle avant l'ouverture. Le seuil se trouve en une soirée : notez l'heure à laquelle l'attente au comptoir dépasse cinq minutes, et le nombre de personnes présentes à ce moment-là. C'est votre plafond utile, et il est souvent bien en dessous de votre capacité légale.
C'est l'erreur qui coûte le plus cher. Elle vient après les deux autres. Une recette bar de 720 euros n'est pas un gain de 720 euros.
| Ce qu'on regarde | Cas 1 (entrée libre) | Cas 3 (billet avec verre) |
|---|---|---|
| Recette bar | 720 euros | 1 368 euros |
| Marge brute à 22 % de ratio | 562 euros | 1 067 euros |
| Recette billetterie | 0 | 1 140 euros |
| Coût de la soirée (renfort, animation) | 150 euros | 300 euros |
| Ce qui reste | 412 euros | 1 907 euros |
Deux lignes que la plupart des calculs oublient. La marge brute d'abord : appliquez votre ratio, 20 à 25 % sur la boisson selon ce que vous servez. Le coût de la soirée ensuite : une personne de plus sur quatre heures, c'est autour de 68 euros chargés, et le cachet d'une animation se paie même quand la salle est aux deux tiers.
Une soirée qui fait 900 euros de bar avec un renfort et un cachet peut rapporter moins qu'un mardi normal. Le calcul se fait avant. Pas après.

La quatrième ligne de coût, et la plus facile à réduire. On commande sur le nombre d'inscrits, on sert les présents, et l'écart part à la poubelle.
Sauf que tout ne part pas à la poubelle, et c'est ce qui rend le calcul contre-intuitif. Séparez ce que vous achetez en trois piles, une fois pour toutes.
| Catégorie | Exemples | Ce qui se perd si personne ne vient |
|---|---|---|
| Se garde sans perte | Bouteilles fermées, sec, surgelé, conserves | Rien, ça ressert la semaine suivante |
| Se garde mal | Fromage entamé, charcuterie tranchée, pain | Une partie, selon le délai |
| Ne se garde pas | Frais préparé, fruits coupés, fût percé | Tout |
La troisième ligne est la seule qui coûte vraiment, et c'est celle qu'on surestime le moins. Le fût mérite une mention à part : une fois percé, un trente litres se boit en quelques jours, pas en trois semaines. Percer pour une soirée qui ne remplit pas, c'est le poste le plus cher d'un bar à bières.
Deux réflexes suffisent. Mettez toute votre marge de sécurité sur la première ligne, jamais sur la troisième. Et commandez sur les personnes qui ont CONFIRMÉ au rappel de la veille, pas sur celles qui se sont inscrites trois semaines avant : la différence entre les deux est décrite dans notre article sur les inscrits qui ne viennent pas.
Un ordre de grandeur pour situer l'enjeu, à refaire avec vos chiffres. Sur une soirée où onze confirmés ne viennent pas, la matière périssable perdue tourne autour de cinquante euros. La marge que ces onze personnes n'ont pas laissée, elle, dépasse deux cents. Et si vous avez staffé une personne de plus pour eux, ajoutez soixante-huit euros. Ce n'est pas la poubelle qui coûte le plus cher, c'est la salle vide et l'équipe en trop.
Trois leviers. Du plus efficace au moins efficace.
| Levier | Ce que ça change | Ce que ça coûte |
|---|---|---|
| Un second point de vente aux heures de pointe | Le deuxième et le troisième verre | Environ 68 euros chargés sur quatre heures |
| Le billet qui inclut une consommation | Le client paie son premier verre en avance | Rien, c'est un montage de prix |
| Un euro de plus sur le droit d'entrée | Quelques dizaines d'euros, et des inscrits en moins | Rien, mais ça freine à l'entrée |
Le premier n'est pas gratuit, contrairement à ce qu'on lit souvent : c'est une ligne de charge, et elle se compare aux verres qu'elle débloque. Sur 90 personnes, un point de vente qui permet un demi-verre de plus par tête rapporte 270 euros pour 68 euros de coût. Le calcul est favorable, il n'est pas nul.
Le deuxième est le meilleur rapport du lot. De loin. Un droit d'entrée se paie avant d'avoir rien reçu, une consommation se paie dans l'élan : à montant identique, un billet à 12 euros dont un verre se vend mieux qu'un billet sec à 12 euros. Les deux moments décrits dans notre article sur la vente additionnelle prolongent ce raisonnement une fois les gens dans la salle.
Un repère utile pour situer votre prix, sans en faire une règle. OpinionWay, pour Orisha Distribution en juin 2024, a mesuré des prévisions de dépenses de 55 euros par mois en bars et cafés et de 159 euros en restaurants. Ce sont des intentions déclarées, pas des dépenses constatées, et une moyenne nationale ne fixe pas le prix d'un lieu précis. Elle donne un ordre de grandeur : une entrée à 15 euros représente un quart d'un budget bar moyen, et à peine 9 % d'un budget restaurant. Vos habitués sont probablement bien au-dessus de ces moyennes ; ceux que vous voulez faire venir pour la première fois, non.
Le fichier client et les entrées scannées se tiennent à jour tout seuls depuis votre base client.
Divisez la recette de la soirée par le nombre d'entrées réellement scannées pour obtenir la recette par tête, puis appliquez votre ratio matière, autour de 20 à 25 % sur la boisson, et retirez le coût de la soirée : renfort en salle, cachet d'animation et matière périssable commandée pour des absents. Ce qui reste est ce que la soirée vous a réellement laissé.
Non, elle compare des formats et pas des soirées. Une soirée à 26,60 euros par tête sur 62 personnes rapporte moins qu'une soirée à 26,40 euros par tête sur 95 personnes, alors que le premier chiffre est plus élevé. Servez-vous de la recette par tête pour savoir quel format fait consommer, et du total après marge pour savoir quelle soirée a payé le loyer.
Commandez sur le nombre de personnes qui ont confirmé au rappel de la veille, jamais sur le nombre d'inscrits. Séparez ensuite vos achats en trois piles : ce qui se garde sans perte se commande large puisqu'il ressert, ce qui ne se garde pas se commande au plus juste. Un fût percé pour une soirée qui ne remplit pas est le poste le plus cher d'un bar à bières.
Oui, et cela se voit dans la caisse. Passé un certain remplissage, l'attente au comptoir décourage le deuxième verre : les clients restent, occupent une place, mais ne consomment plus. Pour trouver votre seuil, notez l'heure à laquelle l'attente au bar dépasse cinq minutes et le nombre de personnes présentes à ce moment.
À montant identique, un billet incluant une consommation se vend mieux qu'un billet sec. Le client ne paie plus pour entrer, il paie son premier verre en avance, et il a le sentiment de récupérer sa dépense. Le revenu total est le même pour vous, la recette se déplace simplement du droit d'entrée vers le comptoir, où elle est mieux acceptée.
Une personne de plus sur quatre heures coûte autour de 68 euros chargés, ce n'est donc pas un levier gratuit. Le calcul se fait par comparaison : si ce second point de vente permet un demi-verre de plus par personne sur 90 présents, à 6 euros le verre, il rapporte 270 euros pour 68 euros de coût. En dessous de 50 personnes, l'arbitrage devient beaucoup moins évident.