Ou faites-le résumer par
Réserver le fond de la salle à un groupe de trente semble anodin. Ça ne change ni votre classement ni votre effectif autorisé. Mais ça déplace du monde là où votre dossier de sécurité ne l'avait pas prévu, et c'est ce déplacement qui pose question.
Votre effectif maximal ne bouge pas quand vous privatisez une partie de la salle. Il est inscrit dans votre dossier, par niveau, et il vaut pour l'ensemble de l'établissement.
Ce que la privatisation change, c'est la répartition des gens à l'intérieur. Et la répartition, elle, touche aux dégagements.
Le chapitre type N du règlement de sécurité couvre les restaurants, cafés, brasseries, débits de boissons et bars. Il précise comment déterminer l'effectif du public.
| Situation | Comment l'effectif se détermine |
|---|---|
| Zone assise, avec déclaration | Le nombre de places déclaré, dans la limite d'une personne pour 2 m² |
| Zone assise, sans déclaration | Une personne par mètre carré |
| Déclaration | Elle précise l'effectif maximal, niveau par niveau |
| Ensemble de l'établissement | L'effectif comprend le public et les autres personnes présentes sans dégagement indépendant |
La dernière ligne surprend souvent. Peu de gérants la connaissent. Les personnes qui ne sont pas du public, mais qui empruntent les mêmes sorties, entrent dans le compte.
Retenez surtout le rapport de un à deux entre les deux premières lignes. Une salle déclarée en places assises n'accueille pas le même nombre de personnes qu'une salle où l'on compte au mètre carré, et c'est la déclaration qui fait la différence.
Le problème n'est presque jamais le nombre. Il est dans la géométrie de la salle.
Un groupe privatisé occupe une zone, on y ajoute une table pour le buffet, deux mange-debout, et le passage vers une sortie se rétrécit sans que personne ne l'ait décidé. C'est cette accumulation qui pose un vrai risque, pas les trente personnes en elles-mêmes.
| Ce qu'on ajoute pour le groupe | Ce que ça peut créer |
|---|---|
| Une table de buffet contre un mur | Un rétrécissement du passage vers une issue |
| Des mange-debout dans une zone assise | Plus de personnes au mètre carré que prévu |
| Une sono et ses câbles | Un obstacle au sol sur un cheminement |
| Un rideau ou un paravent de séparation | Une issue moins visible depuis la salle |
Aucun de ces éléments n'est interdit. Chacun demande simplement d'être placé en gardant les dégagements libres et visibles, ce qui se décide au moment où vous dessinez la zone, pas quand le groupe arrive.
Dessinez la zone privatisée sur un plan, une fois, et gardez ce plan. Vous y marquez les issues, le mobilier ajouté et le passage laissé libre.
Ce plan sert deux fois. Une fois chez vous, une fois devant la commission. Il vous évite d'improviser à chaque privatisation, et il répond en trente secondes si on vous pose la question.
Pour le reste, le nombre exact que vous pouvez accueillir figure dans votre dossier ERP, et il ne se déduit pas d'un article de blog. Si vous ne l'avez pas sous la main, demandez-le : c'est la première chose à connaître avant de vendre une soirée à un groupe.
Le nombre décide aussi de la recette : la logique est celle de ce que rapporte vraiment une soirée, où une salle trop pleine encaisse moins. Et une fois le groupe reçu, le suivi après une privatisation décide s'il revient. Côté organisation, votre base client tient la liste nominative du groupe, ce qui compte le soir même à l'entrée.
Non. L'effectif maximal est fixé par le dossier de l'établissement, niveau par niveau, et il vaut pour l'ensemble du lieu quelle que soit la répartition du public à l'intérieur. Ce que la privatisation modifie, c'est la circulation et l'occupation des espaces, donc les dégagements.
Le règlement de sécurité ERP, chapitre type N, prévoit pour les zones assises une détermination par déclaration du nombre de places, dans la limite d'une personne pour deux mètres carrés. En l'absence de déclaration, l'effectif est déterminé sur la base d'une personne par mètre carré. L'effectif comprend aussi les personnes qui empruntent les mêmes dégagements que le public.
La géométrie, pas le nombre. Un buffet contre un mur, deux mange-debout et une sono ajoutés pour le groupe rétrécissent un passage ou masquent une issue sans que personne ne l'ait décidé. Le réflexe qui règle la question est de dessiner une fois la zone privatisée avec ses issues et son passage libre, puis de garder ce plan.